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L’Essaillon
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Lou Trepoun 34
Notes sur le dossier historique de l’église
Article mis en ligne le 4 octobre 2013
dernière modification le 13 décembre 2014

par BARRAS Anne-Marie

Suite aux directives de P. Varlet, c’est donc normalement à nous que Jean Moullet, en charge du dossier à la mairie, en a confié l’établissement pour la partie histoire.

A cette occasion, dans le cadre de la préservation du chemin de croix peint sur les murs, nous avons pu, en faisant appel aux souvenirs de quelques séderonnais, et tout particulièrement de ceux d’un fidèle adhérent, Monsieur Lucien Ghisalberti, reconstituer l’histoire de ces fresques.

Comme on peut le lire dans l’église, l’auteur, André Seurre, alors Artiste peintre chez G. Thomas, Maître-verrier à Valence, a réalisé ces peintures murales en 1943, à la demande du père Gilles du Pontavice. Le Maître-maçon ayant préparé les supports était Raymond Ghisalberti, père de Lucien.

Comme nous l’avons écrit dans le dossier : « Probablement rares, des fresques de ce type, d’un style moderne, mériteraient aussi un examen de la part d’un spécialiste. Dans tous les cas une protection s’impose avant travaux de réfection des enduits endommagés par l’humidité ».

Quant au rétable, qui devra être déplacé pour la réfection de la voute au dessus de l’autel, il devrait faire l’objet d’une expertise et probablement aussi d’une restauration.

Nous avons déjà eu l’occasion de parler plusieurs fois de ce rétable qui avait attiré l’attention de P. Varlet.

Le 17 juin 1990, l’Association d’Études Universitaires Drômoises s’était arrêtée à Séderon, guidée par M. Varlet, et avait été particulièrement intéressée par l’Eglise et le tableau ancien, probablement du 17ème siècle, situé au dessus de l’autel.

Il vous intéresse sans doute aussi de savoir que nous avons écrit dans notre rapport :

« L’église paroissiale Saint Baudile de Séderon que nous connaissons aujourd’hui est une église rénovée et agrandie d’un clocher dans les années 1880.

Ce clocher, construit en avancée, formant porche fermé devant l’église ancienne, abrite actuellement deux cloches :

L’une bénie en 1850 portant l’inscription :
Marie Charles Baudile.
Pierre Pierron fondeur à Avignon.
L’autre, plus petite, datée de 1553 ou 1663 (chiffre difficilement lisible) :
Les Maria Ludovica
M. Lambert – Marie Julien
Dubois et Charton

Auparavant, avant l’adjonction du clocher, deux cloches étaient suspendues dans deux arcatures construites au sommet du pignon d’entrée au-dessus des combles. »

Nous n’avons pas eu le temps de rechercher les traces du fondeur de cloches d’Avignon, Pierre Pierron, ni de Dubois et Charton. Si parmi nos adhérents lecteurs se trouve un spécialiste des fondeurs de cloches nous lui ouvrirons bien volontiers les colonnes du Trepoun !

En attendant et pour ceux que cela intéresse signalons le beau livre :

CLOCHES DE FRANCE et d’ailleurs de Jean-Pierre Rama
Editions LTA, Le Temps Apprivoisé -1993-

Remarque :

Peut-être ignorez-vous que pour construire le clocher il a fallu détruire une Tour attenante à la maison du notaire de l’époque.
Ce texte de la délibération du Conseil Municipal l’atteste
L’an Mil huit cent quatre vingt et le douze du mois d’août, le Conseil Municipal de la Commune de Séderon s’est réuni extraordinairement en vertu d’une autorisation de M. le Sous-préfet de Nyons en date du 10 courant dans le lieu ordinaire de ses séances sous la présidence de M. Reynaud-Lacroze Maire.

M. Le Président expose au Conseil que la construction du clocher nécessite la démolition de la Tour adjacente à la maison de M. Bertrand, Notaire à Séderon, qu’en conséquence il importe de traiter avec lui du prix pour le terrain cédé et le dommage occasionné.

Le Conseil reconnaissant l’urgence de cette démolition, puisque la construction du clocher ne peut avoir lieu sans l’emplacement de cette Tour, autorise M. le Maire à traiter avec M. Bertrand, tant pour le terrain cédé que pour le dommage occasionné à sa maison et de rédiger ensuite un acte public du prix convenu avec le cédant, aux charges et conditions qu’il jugera à propos ; et prie M. Le Préfet de vouloir bien approuver la présente délibération afin qu’il soit donné suite le plus tôt possible.

Ainsi délibéré en séance à Séderon, les jour, mois et an que dessus et ont signé les membres présents après lecture faite.

frejus Dethes, L.Vilhet, Jullien, Gilly, Girard, Dethes, Reynaud-Lacroze

La décision de la création d’un clocher est une plus vieille histoire. En effet déjà en 1856 le Conseil Municipal de Séderon s’intéresse à la construction d’un clocher pour l’église qui en est dépourvue. Une horloge est aussi souhaitée.

Il faut attendre janvier 1873 pour que le maire, Reynaud-Lacroze, note l’urgence de faire construire un clocher !

Plus de deux ans plus tard, le 15 août 1875, M. Reynaud-Lacroze, expose que la population de Séderon réclame avec insistance la construction d’un clocher à l’église paroissiale ainsi que l’acquisition d’une horloge publique.

Nous ignorons ce qui s’est passé les trois années qui suivent mais nous apprenons par un compte rendu du Conseil Municipal du 3 mars 1878 que le plan de la construction a été refusé par le Ministre de l’Instruction Publique et des Cultes.

Un an plus tard, le compte rendu du 16 mars 1879 mentionne que le second plan a été accepté.

Encore un an pour que le Conseil Municipal dans sa séance du 12 août 1880, d’où nous sommes partis, autorise le maire à négocier l’achat de la Tour ce qui fut fait en 1883.

La construction du clocher pouvait ainsi commencer.

En 1885 l’église de Séderon avait enfin son clocher et le financement de l’horloge publique était voté en 1886.

La maison du notaire de l’époque, Lucien Bertrand, actuellement propriété d’Hélène Rispal n’a évidemment plus de Tour. Quand avait-elle été construite ? Par qui ? C’est une nouvelle recherche qui va commencer.

A-M. BARRAS
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