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L’Essaillon
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Lou Trepoun 34
Miettes de l’histoire connue de Séderon
Article mis en ligne le 4 octobre 2013
dernière modification le 13 décembre 2014

par BARRAS Anne-Marie

L’évolution de son nom, au travers de textes ou de cartes, témoigne de son existence ancienne.

Une chapelle, Notre Dame la Brune, dont on peut toujours voir les ruines, était déjà répertoriée au 12ème siècle comme prieuré de Cluny, à Sadaronum.

Séderon est cité en 1293 dans l’inventaire des Dauphins comme « Castrum de Sedarono ». En 1308 c’est encore « Sadaronum » qui figure dans les archives des Bouches-du-Rhône, mais en 1442 on trouve « Sadaronem » et même « Cederon » au 17ème siècle.

La géographie des lieux explique aussi que Séderon a été depuis toujours à une croisée de chemins et qu’il ait été un important passage entre l’Italie du Nord et Avignon au temps où la papauté était dans le Comtat Venaissin. En particulier Séderon a été une étape répertoriée sur la route italienne (la via francigena) de St Jacques de Compostelle.

Mais déjà, dès l’époque gallo romaine, elle fut sur une voie de communication.

Les prospections archéologiques effectuées à Séderon et dans ses environs, ainsi que des découvertes fortuites, ne laissent aucun doute sur une importante présence romaine (Vaison la Romaine n’est pas très loin).

Quant à la préhistoire, elle est aussi présente par la découverte, plus rare, de silex ou de haches en pierres polies. Sans oublier l’existence de fossiles, tout particulièrement des ammonites.

Nous sommes maintenant en « Hautes Baronnies » ou encore en « Drôme Provençale » mais nous ne sommes plus en “ Provence ” depuis 1790, quand furent créés les départements.

En effet la terre de Séderon, fief des Dauphins, propriété de la famille Mévouillon, avait été vendue à la Provence en 1308. Elle est restée provençale jusqu’à la Révolution, en même temps que Barret-de-Lioure et Eygalayes alors que Vers, Villefranche, Mévouillon, Ballons, Izon, étaient terres des Dauphins.

Pendant 482 ans Séderon a donc été un village provençal à la frontière du Dauphiné, avec un péage qui a duré plusieurs siècles, déjà confirmé en 1324.

Pendant cette période, Séderon dépendait de l’intendance d’Aix-en-Provence pour l’administration, et du parlement d’Aix pour la jurisprudence.

C’est la comtesse de Provence, Jeanne, reine de Naples et de Sicile (1327-1382) qui avait établi en 1370 un marché tous les lundi, et en 1380 une foire le 4 octobre chaque année.

Le précepteur du fils aîné du Roi René, Antoine de la Salle, un des premiers prosateurs français connu, Seigneur de Séderon de 1427 à 1439, s’était fait construire une maison dans le bourg.

Le dernier seigneur de Séderon, de 1755 à la Révolution, est Jacques de Segond, Conseiller à la Cour des Comptes d’Aix.

Note :

Antoine de la Salle (ou de la Sale) (1387-1464) vient près d’un siècle après Pétrarque (1304 -1374). C’est un contemporain de François Villon et de Jeanne d’Arc. Il précède de presque un siècle Montaigne, Ronsard… L’Université d’Aix-en-Provence a été créée en 1409. Nous sommes à la fin du Moyen-Age et aux prémices de la Renaissance.
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