Fleurs « provençales »
Article mis en ligne le 1er juin 2018
dernière modification le 31 décembre 2019

par POGGIO André

L’habituelle rubrique des fleurs sauvages est absente de ce numéro du Trepoun. Elle reviendra.

En attendant, et pour continuer à parler un peu de botanique, je vous propose une liste de noms de fleurs. Fleurs choisies au hasard mais qui vont retrouver leurs noms anciens, leurs noms provençaux. Lesquels sont souvent une image, un mélange de malice et de poésie… en voilà quelques échantillons.

Aconit
estranglo-loup (étrangle loup), fueio de pesou (feuille du pou), toro jauno (poison jaune)
Anémone
uei de pavoun (œil de paon)
Anémone des Alpes
barbanto, bóumiano (bohémienne)
Arnica
estournigo (qui fait éternuer), erbo dòu tai (bèu tai : coupe réglée, en parlant d’un bois)
Asphodèle
pourraco (vient de poireau), tuberouso fèro (tubéreuse sauvage)
Aster
cabridello (vient de cabrit, cabri)
Astragale
cese fèr (pois sauvage), esparceou-bastard (esparcet, un genre de sainfoin, sauvage)
Bleuet
blavet
Bouton d’or
pato-de-loup (patte de loup), poumpoun d’or (pompon d’or)
Campanule
campanello, campaneto (clochette, sonnette)
aubo-vit
&copy, Essaillon
uei de pavoun
© Essaillon
sàuvi
© Essaillon
Clématite
aubo-vit (vient de vigne blanche)
Coquelicot
gau-galino (coq-poule). Mistral, dans son Trésor du Félibrige, mentionne : « ainsi nommé parce que les enfants, avant d’en entr’ouvrir les boutons, se demandent si la fleur sera rouge ou violette, s’es un gau o uno galino »
Colchique
bramo vaco (beuglement de vache : peut-être la plainte de la bête après avoir ingéré cette fleur toxique)
Daphné
erbo d’uba (plante de l’ubac), trintanello (de tintina, tinter)
Delphinelle
flour de capouchin (fleur du capucin), ped d’alauseto (pied d’alouette)
Digitale
erbo à dedau (plante à dé à coudre), escalapet (coup de tonnerre, parce que la corolle éclate avec bruit quand on la presse)
Fritillaire
campaneto de mountagno (clochette de montagne)
Génépi
aussènt-aupin (absinthe alpine)
Gentiane bleue
braio de couguièu (culotte de coucou – mais couguièu peut aussi avoir le sens de cocu)
Hépatique
erbo dòu fege (plante du foie), erbo de la Ternita (plante de la Trinité)
Joubarbe
barbajou (barbe de Jupiter), cachofle-fèr (artichaut sauvage), erbo dis agacin (plante pour les cors aux pieds)
Myosotis
uei de l’Enfant Jésu (œil de l’Enfant-Jésus), te vese e t’ame (je te vois et je t’aime)
Narcisse
courbo-dono (dame penchée), belòri (bijou, fanfreluche), pasqueto (qui fleurit au temps de Pâques)
Narcisse des prés
troumpoun (vient de trompe, tuyau), coucourdano (vient de courge)
Nigritelle
maneto (petite main), pato dòu diable (patte du diable)
Œillet de montagne
giròuflado bastardo (la giroflée se nomme en provençal garano)
Ophrys abeille
erbo à l’abiho (plante à l’abeille), auceu pico l’abiho (la fleur ressemble à une abeille piquée par un bec d’oiseau)
Orchis
canto-gau (lieu où chante le coq), evesque (les fleurs auraient une ressemblance avec la mitre des évêque)
Pavot des Alpes
papàri (de la famille des papavéracées)
Primevère
braieto de couguièu (revoir l’article « Gentiane bleue »), couguièlo (le coucou au féminin)
Pivoine voyageuse
roso d’ase (rose de l’âne)
Renoncule bulbeuse
peto-saumo (qui fait crever les ânesses)
Renoncule aquatique
grapaudino (engeance des crapauds), nège-fòu (frêle esquif, juste bon à noyer les fous qui l’utilisent)
Rhododendron
rousage (tire son nom de la rose), bouis-fèr (buis sauvage)
Sauge
sàuvi, touto-bono, erbo di bons ome blanc (plante des bonshommes, par allusion aux guides religieux cathares)
estranglo-loup
© Essaillon
blavet
© Essaillon
bramo vaco
© Essaillon
André POGGIO