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L’Essaillon
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Le Mesclun du Trepoun
Article mis en ligne le 23 juillet 2018

par ESSAILLON

5812. Le Mesclun du Trepoun

Philippe Jean illustre le Trepoun


Sur notre page de couverture est reproduit le célèbre tableau qui décorait la salle du café Touche : une scène de labour sur fond de montagne de Serrières, deux personnages dont on dit qu’il s’agissait d’Henri Touche et de Victorin « Chanchoïe ».
Sur la dernière de couverture, un autre tableau de Philippe Jean (à voir au pied de cet article) , éblouissant de couleur lavande ! Là aussi on peut mettre un nom sur les visages des coupeurs : Germain Bonnefoy, et Solange au second plan.

Alors, Philippe Jean illustrateur du Trepoun ? Plutôt un hommage encore discret à un peintre dont nous espérons pouvoir présenter un jour dans notre bulletin toutes les facettes du talent.
Pendant que nous y sommes : dans la salle de la Mairie sont accrochés deux tableaux du même, deux paysages de Séderon. Les toiles sont en train de craquer de sécheresse… Quelle tristesse !

A propos de « la capello de Sant-Jan »

nous avons reçu deux réponses aux questions posées dans notre bulletin n° 57.

Richard Magnan nous écrit, en utilisant la graphie dite classique de la langue d’oc :

« demandatz nòstre vejaire a prepaus de FURAIODO. Me sembla que l’explicacion se tròba sus la rega d’avans ame lo mòt SARRAIADO. Lo biais dou texte vos fai revirar en francès aquèu mòt per FERMÉE – Aquò vai solet – Mai lo Mèmi a pas près lo bòn mot provènçau. Aurié dégut marcar SARRADO. A confondut lei verbes SARRAR e SARRAIAR. Coma es partit d’aquèu biais en apoudènt IA à SARRADO aurié pouscut faire parier per FURADO chanjat en FURAIODO (ou FURAIADO). Vaquì. »
[vous demandez notre avis à propos de FURAIODO. Il me semble que l’explication se trouve sur la ligne précédente avec le mot SARRAIADO. Le sens du texte vous fait traduire ce mot par FERMÉE – ça va de soi – mais le Mèmi n’a pas pris le bon mot provençal. Il aurait dû écrire SARRADO. Il a confondu les verbes SARRAR (fermer) et SARRAIAR (jouer de la clef dans la serrure). Comme il avait commencé en ajoutant IA à SARRADO, il a pu faire pareil pour FURADO qu’il aurait changé en FURAIODO (ou FURAIADO). Voilà.]
Voilà une belle démonstration. Nous aurions donc affaire à une « clé forée ».

R. Magnan signale aussi une coquille sur la 7e ligne en partant du bas du texte : il faut évidemment lire « sèns AGUÉ lou tèms » et non « AQUÉ ». Mea culpa !

Il indique enfin, pour les vers de Bonnefoy-Debaïs figurant sur notre couverture : « ai de sinhalas, pagina de garda : ‘ia’ moun païs, que se marcarié puslèu ‘I a’. »
[je voudrais signaler que, en page de garde : « ia » devrait plutôt s’écrire « I a » – (il y a)].
Vérification : le texte original porte bien « Ia ». Sauf que le manuscrit n’est pas de la main de Bonnefoy – Debaïs ! Il faut savoir que notre félibre avait une écriture « de chat ». Aussi, avant d’envoyer son poème à Frédéric Mistral, il a fait appel à un copiste doté d’une meilleure calligraphie que la sienne. Lequel a pu commettre des erreurs de transcription…

Jean-Claude Rixte répond aussi à nos questions :

« — Pour « furaiodo », j’aurais tendance à penser qu’il s’agit d’une lecture fautive de « furaiado », participe passé féminin du verbe « furaia » en mistralien, « furalhar » en graphie classique, verbe dérivé de « furar » (« fura » en mistralien). « furar » (= « fura ») est une autre forme de « forar » (mistralien « foura »), soit « forer » en français.
On notera que si, dans le Tresor, Mistral ne donne pas le verbe « fouraia », il donne par contre « fouraio, fouralhos (sic, pour le Dauphiné) » avec le sens de « copeaux », c’est-à-dire justement le produit du « fourage ». On a donc affaire ici à une clé « forée », ce que l’on doit pouvoir interpréter comme « tournée », « usinée ».

Pour ce qui est de « anis », pour lequel le Tresor renvoie à « agnin », le Dictionnaire des dialectes dauphinois de Louis Moutier donne : « agnin : agneau mâle ».

Merci à nos deux lecteurs pour ces précieuses informations.

Église de Séderon – les peintures d’André Seurre

Lorsque j’ai présenté la rénovation de l’église en 1943 (Trepoun n° 56), les deux écussons peints par A. Seurre sur l’arc du chœur m’avaient intrigué. Quel pouvait bien être leur sens ? Aucune explication ne m’était alors venue à l’esprit.

Et pourtant la solution est évidente : des clés sur l’un, une crosse sur l’autre, voilà des signes clairs pour évoquer St Pierre et un évêque ! J’ai fait le lien en découvrant le blason de l’évêque qui, en 1940, procéda à l’ordination de l’abbé Morel (qui fut curé de Mévouillon de 1947 à 1963, et sur lequel je fais quelques recherches). Il n’y avait plus qu’à comparer les peintures séderonnaises et les blasons officiels des Pape et Evêque en fonction en 1943 :

peinture de Séderon
blason de Pie XII
blason de Camille Pic, Évêque de Valence
peinture de Séderon
André POGGIO

Au sujet des noms des chèvres, brebis, moutons

Avec le temps qui passe, on n’entendra plus les noms dont les bergers se servaient pour appeler leurs troupeaux, en patois, avec l’accent de nos villages et l’écho des montagnes :

  • La chiabre, la cabre (pour la chèvre) – la banarde (celle qui porte des cornes), la chiambarde (celle qui est cagneuse), la goille (chèvre boiteuse), la dreuille (chèvre grasse), la negre (de couleur noire)
  • Lou cabri, la cabrette
  • Pour les brebis : aquelo fieu
  • Pour le mouton : aqueu mòti (veut dire têtu)
Josette BRUNET

Buste de Marianne – une signature

Le buste de Marianne surmonte l’obélisque de la grande fontaine de Séderon depuis 1912. Il a été offert par notre député maire d’alors, Lucien Bertrand.

Un détail, la signature A. Injalbert que l’on peut apercevoir sur le côté, permet d’en savoir un peu plus sur la petite histoire de la statue.

Jean-Antoine Injalbert n’est pas un inconnu, au contraire ! Wikipédia le présente comme « l’un des plus grands sculpteurs français ».

Né à Béziers en 1845, il reçut le prix de Rome en 1874, exposa à Paris lors de l’Exposition universelle de 1878, obtint un grand prix à l’Exposition universelle de 1889. Il devint membre de l’Institut de France, Académie des Beaux-Arts, en 1905.

C’était un sculpteur de statues monumentales. Très souvent issues de commandes publiques, ses œuvres sont visibles dans de nombreuses villes de France, notamment dans sa ville natale de Béziers, à Paris (statues des piliers du Pont Mirabeau, du Pont de Bir-Hakeim), mais aussi à Reims, Montpellier, Sète, Pézenas (monument à Molière), Orange. Il est aussi l’auteur du buste de Paul Arène à Sisteron.

Son Buste de Marianne fut réalisé en 1889. Dans le contexte du Centenaire de la Révolution, il était presque obligatoire pour les Communes de célébrer la République en affichant un de ses symboles. La Marianne d’Injalbert connut un succès extraordinaire, et sa reproduction vint orner les mairies/hôtels de ville à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Voici ce qu’en dit le Centre National des Arts Plastiques : « Une œuvre à la paternité avérée d’un côté, de nombreux exemplaires de l’autre, on pourrait croire à la reproduction quasi-industrielle d’un buste dont le modèle n’aurait pas été protégé. Mais c’est en fait l’Etat qui, en juillet 1889 a passé commande à Injalbert de trois bustes de la République de trois grandeurs différentes, pour qu’ils soient ensuite déclinés en plusieurs exemplaires et matériaux (en marbre, en biscuit de Sèvres mais surtout en fonte ou en plâtre) par d’autres praticiens afin de connaître une large diffusion. Si la loi du 5 avril 1884 sur l’organisation des pouvoirs municipaux, promulguée sous le ministère de Jules Ferry, obligeait chaque commune d’avoir un hôtel de ville (qu’elle en soit propriétaire ou locataire), l’achat d’un buste et son installation dans la salle du conseil restaient facultatifs. Les conseils municipaux pouvaient donc voter ou non son acquisition, tout comme ils restaient libres d’accepter ou de refuser les dépôts proposés par l’Etat de la version d’Injalbert, version dont la postérité s’étendit jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale. »

Au niveau des symboles, la Marianne d’Injalbert est coiffée du bonnet phrygien orné d’une cocarde. Elle porte aussi un collier gravé d’écailles, rappelant la cuirasse qui rendait invincible la déesse Athéna, avec au centre une gueule de lion rugissant.

Pour information, la Marianne d’Injalbert est toujours commercialisée : on peut se procurer le modèle en plâtre, de 92 cm de haut, pour 2038 € TTC.

André POGGIO

Jacques Marie Blaise Segond

La vie aventureuse du Général Jacques Marie Blaise Segond est retracée page 5 de ce Trepoun. Voici le portrait, peinture d’Innocent Goubaud en 1808, que Philippe Chatenoud annonçait dans son texte :

(collection privée)

Les Poilus de Séderon

notre livre est encore en vente, sur demande, au prix de 25 €.

fin du Mesclun

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