« Coq, poule ou poulette »
Article mis en ligne le 1er juin 2018
dernière modification le 31 décembre 2019

par ANDRIANT Sandy-Pascal

L’entrée coquelicot, dans les « Fleurs provençales » a fait remonter des souvenirs d’enfance.

Mon frère et moi passions nos vacances chez ma tante à Flassan. Elle habitait la maison attribuée à son mari, le garde forestier écrasé par une déneigeuse sur le Ventoux à la fin des années 50. Cette maison accolée à l’église a été transformée depuis. L’actuel agence postale occupe ce qui, dans mon souvenir d’enfant, était des dépendances, la maison étant le bâtiment perpendiculaire dont la façade est ornée d’une tonnelle. Les demi-murs du jardin surmontés de grilles en fer forgé ont été rasés pour accueillir la belle place dallée bordée de bacs à fleurs.

À l’époque, les rues n’étaient ni goudronnées ni pavées. De la terre battue percée çà et là de gros cailloux pointus qui auraient eu raison des pneus et qui entravaient régulièrement nos cavalcades. Il y avait très peu de voitures. Nous avions le droit d’aller partout sans craindre un quelconque accident.

Mes cousins et cousines nous entraînaient dans les chemins alentours, à la cueillette des boutons de coquelicots.

Chacun à notre tour, nous montrions un bouton en criant : « coq, poule ou poulette ? »

Il s’agissait de prédire la couleur des pétales avant d’ouvrir le bouton.

Le prochain à poser la devinette devait avoir répondu « coq » pour des pétales rouges, « poule » pour des rose ou rouge pâle, et « poulette » pour des blancs.

Ceux-ci c’étaient les plus faciles à deviner : le bouton était tout petit, tout riquiqui… Mais c’était des disputes sans fin à propos de la limite entre « coq » et « poule » selon que le rose du bouton était presque rouge ou pas.

Que de rires poussés à trier cette basse-cour ! Ma tante devait être tranquille de nous savoir bien occupés, faisant œuvre de cantonniers détruisant par avance les futures générations de mauvaises herbes !

Sandy-Pascal ANDRIANT