Des souvenirs liés à la cueillette de la lavande, on ne finira jamais d’en recueillir tellement cette culture a été et reste une richesse pour notre région. Cette fois, c’est Guy Charras qui nous ramène dans les champs, au temps de la coupe manuelle :
« Quelques années durant, un jeune agriculteur du Séderonnais est venu travailler chez nous pour la saison des lavandes. Il était rémunéré au kg de fleur coupée. Faucille en main, saquette au dos (nous avions des corbeilles), il concrétisait l’image parfaite de l’authentique coupeur de lavande traditionnel, que l’on pouvait voir dans les grands espaces de Sault-Ferrassières…
Très efficace, il cueillait la fleur de la manière la plus rapide, dite « à main renverse » (moins parfaite qu’à « main droite »).
Etant rémunéré au poids de fleur coupée (pesée effectuée à la balance romaine), il tranchait la fleur très bas dans la plante, coupant du “bois” comme on dit en jargon de métier, pour gagner du poids. Ce qui n’était pas souhaitable ni pour la plante, ni pour le rendement. Cette attitude assez courante était tolérée, dans la mesure où il n’y avait pas trop d’exagération et ne portait pas atteinte à la plante, lors de la récolte suivante ».
Guy CHARRAS