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L’Essaillon
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Séderon sous roches
Article mis en ligne le 13 décembre 2018
dernière modification le 29 juillet 2018

par CHARROL Jean-François

Un jour de mars 1933, de grands bruits pouvant correspondre à un éboulement de roches se firent entendre au hameau de Rivaine.

Monsieur Quenin père, chef cantonnier des Ponts et Chaussées, étonné par ces bruits anormaux, sorti de son appartement afin de découvrir l’origine de ces grondements.

Dans un rayon de lune, comme il le raconta au journal « le Petit Dauphinois » il vit des tourbillons de poussière jaunâtre, laissant supposer un effondrement de roche de la montagne du Crapon.

Il fit part de ses craintes à son propriétaire, monsieur Chauvet, lequel possédait une ferme au pied de cette montagne.

Le lendemain qui était un jeudi où j’étais libre de toute obligation scolaire, je me joignis à la foule à la fois curieuse et inquiète de ces événements dont la rumeur s’était répandue.

Bon nombre de personnes s’engagèrent sur le chemin de Baïs pour tenter d’évaluer les dégâts. Une partie de la ferme avait les murs défoncés. Comme je suivais les curieux, je découvris avec eux la chambre effondrée où logeait la fille Chauvet. Je distinguais en approchant de l’entrée de celle-ci un spectacle effrayant : Germaine gisait parmi les décombres, son corps recouvert par un énorme rocher de forme triangulaire.

Hasard du destin Germaine, qui avait l’habitude de se rendre tous les mercredi soir à une séance de cinéma à Séderon où elle passait la nuit chez ses grands-parents dans une maison de la Basse-Rue, avait malheureusement renoncé ce soir-là à aller assister au spectacle.

A la suite de ce drame, le maire de la commune de Séderon Sully Bernard prit la décision de faire rechercher sur les pentes du Crapon les rochers risquant de se détacher. Il fut décidé de détruire les roches dangereuses au moyen de mines. Le jour fixé pour l’opération, on fit évacuer le village vers le hameau de Rivaine. Lorsque les explosions se produisirent on put voir par l’effondrement des arbres la trace des roches s’éboulant sous le coup des mines. D’autre part une roche plane, épaisse, prête à glisser vers la Méouge fut enchaînée, puis bâtie sur son support rocheux, ainsi immobilisée pour la sécurité des environs.

Me demandant si des éboulements ne s’étaient pas produits à partir de la Tour, je vins visiter le pied de cette montagne aux environs de l’église. En effet un gros bloc de forme presque sphérique avait roulé vers le bas, s’était arrêté juste derrière les maisons de la Bourgade.

Une grosse roche triangulaire restée fixée au bas de la Tour, menaçante, il fut décidé de la relier par un gros bras de ciment aux parois de la montagne. Celui-ci est toujours visible de nos jours et fait l’objet de contrôles de sécurité.

Depuis la prise de ces mesures, le village de Séderon est resté intact.

Jean-François CHARROL
transcription de Danielle Long
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