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L’Essaillon
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Lou Trepoun 48
Le voyage des mots
Article mis en ligne le 23 novembre 2013
dernière modification le 13 décembre 2014

par BARRAS Henri

L’article de M. R.Delhomme dans notre précédent bulletin et l’usage du mot ventaire a fait réagir notre ami Jean-Claude RIXTE qui nous écrit pour nous dire que ce n’était pas un mot « patois » mais un mot occitan.
Il nous écrit à propos de ce mot :
« Formé sur le verbe ventar et attesté dès le Moyen-Âge. Le Petit Dictionnaire provençal-français d’Emil LEVY donne en effet, p. 380 :
ventar v. n. venter, souffler ; v. a. éventer, exposer au vent ; jeter au vent ; vanner.

Il nous rappelle aussi que :

« L’appellation péjorative de « patois » est utilisée par les idéologues français à partir de la Révolution (abbé Grégoire) et généralisée à partir du milieu du XIXe siècle pour tenter d’éradiquer les langues de France autres que le français.
Il n’empêche que ce mot de « patois » n’a aucune valeur linguistique puisqu’il ne définit aucune langue connue et s’applique à toute langue autre que le français, depuis le breton et le savoyard jusqu’au créole ou au berbère et pourquoi pas à l’anglais ou au chant des oiseaux (G. de Lorris) et à la chèvre de M. Seguin s’exprimant “dans leur patois”.
Ventaire est donc bien un mot occitan, langue qui se parlait et s’écrivait chez nous bien avant le français ou Frédéric Mistral.
J’en veux pour preuve les comptes consulaires de mon village de Taulignan de 1455 à 1539 que je m’efforce de transcrire, écrits dans un occitan qui, avec le latin, est la seule langue écrite chez nous jusqu’au milieu du XVIe siècle.
Et ce qui est vrai pour Taulignan doit aussi, j’en suis persuadé, l’être pour Séderon ou Laborel. Vous en trouverez certainement l’indication dans BRUN, Auguste. - Recherches historiques sur l’introduction du français dans les provinces du Midi. - Paris, 1923. Et je ne doute pas que vos archives municipales renferment des trésors en occitan des XVe-XVIe siècles qui ne demandent qu’à être (re)découverts.
Quant à tarare, à l’aspect bien étrange à priori, je ne crois pas qu’il ait quoi que ce soit à voir avec la ville du même nom dans le Rhône. Il doit plutôt trouver son origine dans l’onomatopée (toujours en occitan) rappelant le fracas de la machine, à rapprocher de tantaro ou toutouro (voir le Tresor dóu Felibrige de Mistral) ou même des touro-louro-louro de nos coqs.

H.Barras
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