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L’Essaillon
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Lou Trepoun 29
Extrait de la conférence : « Notre village en 1910 »
Article mis en ligne le 3 octobre 2013
dernière modification le 13 décembre 2014

par GONTARD Maurice

En cette année 1910, quelques évènements notoires vont marquer la vie du pays. En premier lieu les travaux d’adduction d’eau. Il y avait jusqu’ici deux points d’eau seulement dans le village : une pompe à l’extrémité Sud devant le jardin de la maison Bernard, et une petite fontaine place de la gendarmerie. C’était nettement insuffisant et l’on se préoccupait depuis plusieurs années d’améliorer le service des eaux. Après des analyses faites à Lyon, on décide de capter l’eau d’une source du quartier de la Gourre, les Lesbrieres. Les travaux commencent en 1909. On lit dans le Montagnard du 22 janvier 1910 : « C’est avec intérêt que notre population suit les travaux effectués pour l’adduction des nouvelles eaux dans l’agglomération de notre Bourg… les travaux sont finis sur une longueur de plus de 2 kilomètres ; déjà on est au village ». Là, ajoute le journal, « les difficultés seront plus sérieuses ». Il fallait en particulier fixer l’emplacement et le nombre des fontaines et surtout celle d’un lavoir. « L’idée (d’un lavoir) est bonne, écrit le journal, presque urgente car la rivière, avec les immondices qu’elle reçoit, avec les crues qui surviennent, avec sa position exposée au froid rigoureux n’est pas précisement l’idéal » mais pour l’instant « nous ne savons pas quel sera l’endroit choisi. »

Finalement on décidera l’installation de trois fontaines, aux deux emplacements antérieurs, plus une troisième fontaine à la Bourgade, et l’édification de deux lavoirs, un près de chaque fontaine, dont un grand placé sur le terrain dit de l’Hopital. Pendant 7 mois les rues furent un chantier permanent.

On lit dans le Montagnard du 23 juillet : « Nos rues bouleversées par les ouvriers ont enfin été de nouveau livrées à la libre circulation ; c’est dire que le gros travail est presque fini. » Et le journal du 24 septembre note que le samedi 17 septembre la fontaine de la Bourgade « donne de l’eau limpide et abondante… enfin elle coule et toute la bourgade est unanime à remercier tous ceux qui ont contribué à l’amener ; le remerciement est d’autant plus grand que la bourgade est la première servie, juste compensation et réparation de l’oubli dont elle avait été l’objet jusqu’ici. » A la fin de l’année, le 3 décembre 1910 le Montagnard constate que le mauvais temps, le gel, la pluie « ont empêché l’entrepreneur des fontaines d’achever la dernière, celle qu’on pourrait appeler la monumentale, et qui devait remplacer celle qui était près de la gendarmerie. » Aussi les ménagères du quartier doivent elles aller s’approvisionner à la fontaine de la bourgade « ce qui par ces temps n’est pas un amusement. » Les adductions seront achevées en 1911 avec les trois fontaines et les deux lavoirs. La reception des travaux et l’inauguration auront lieu dans de grandes fêtes en 1912 ; un buste de la République, don de Lucien Bertrand, sera installé sur la grande fontaine de la place de la gendarmerie.

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