Au début de l’année 1948, quinze commerçants du « bas » du village adressèrent une pétition au Maire de Séderon. La cause ? Les foires !
Les lieux traditionnels d’installation des forains étaient mal répartis, estimaient-ils. Du coup, les magasins sédentaires ne bénéficiaient pas tous équitablement de l’animation commerciale qui se créait pour l’occasion, et les commerçants du « bas » se sentaient perdants.
Leurs arguments semblèrent justes puisque par délibération du 7 mars 1948 le règlement fut modifié : « Ils [les pétitionnaires] demandent que pour la 1ère foire les bazars soient en haut et les bestiaux en bas pour créer un va et vient dans tout le village. Pour la 2e foire inversement bazars en bas, bestiaux en haut et ainsi de suite pour chaque foire.
Le Conseil procède au vote qui donne les résultats suivants : oui 5 – non 2 – blancs 3… »
Bien entendu cette délibération ne fit pas l’unanimité, allant jusqu’à entraîner la démission de certains conseillers municipaux.
Pour sortir de la crise, la Mairie organisa un référendum où tous les commerçants et artisans étaient invités à voter en signant sur une liste pour la solution de leur choix [1].
La liste [2] comprend trente-huit noms, chacun suivi de l’indication du métier :
1ère page : Gleize Paul receveur buraliste, pâtissier Chrestes Fernand chaussures Touche Henri café Arnaud Justin maréchal Dethès Marcel négociant Bonnefoy David hôtel Moullet Arthur café Plaindoux A épicier Grimaud mécanicien Constantin ferblantier Pellat café coiffeur Espieu Elie boulanger Bruis Emile cordonnier Jullien Camille horloger Michel Léon boucher Moullet Elie boulanger Reymond Louis bourrelier Rondey cordonnier Bonnefoy Raoul épicier Pascal Fernand tissus Sandicœur Josette coiffeuse Jarjayes Casimir épicie |
2e page : Beauchamp Louis, café Richaud Elie tissus Imbert Fernand boulanger Girard Gaston boucher Girard Agnès md légumes Arvieu Daniel cordonnier Pascal Henri maréchal Chauvet Louis Payan Hélène modiste Roman ferblantier Estellon Gabriel café Espieu Louis menuisier Raspail légumes Gianoglio café restaurant Girard Sylvain négociant Bernard Sully menuisier |
Toutes les mentions portées sur le document ont été respectées. Tout particulièrement leur ordre, qui correspond à la localisation des boutiques en partant du haut de la Bourgade pour se terminer à Rivaine (à l’exception de Sully Bernard, Maire en exercice, qui a signé en dernier).
Cela nous a donné l’envie d’essayer de faire revivre tous ces magasins, au moyen de témoignages et de photos.
C’est la quincaillerie Constantin, devenue ensuite Beauchamp, qui ouvre le feu dans les pages suivantes. Merci à Patrice Beauchamp. Nous espérons que d’autres voudront bien prendre le relais dans les prochains
numéros.
