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L’Essaillon
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Lou Trepoun 45
Nouvelle couverture de notre bulletin
Article mis en ligne le 26 octobre 2013
dernière modification le 13 décembre 2014

par BARRAS Anne-Marie

La photo de couverture avec la place de la fontaine vous avait été présentée lors de l’Assemblée Générale ; elle est publiée avec l’accord de Mme Valérie VILTIÉ, actuelle propriétaire de l’ancienne maison de Maurice GONTARD.
Mais une autre modification doit attirer votre attention : BONNEFOY-DEBAIS a remplacé MISTRAL !
Les adhérents présents lors de notre Assemblée Générale d’août dernier se souviennent de l’intervention d’André DASPRE au sujet du titre de notre bulletin et surtout du proverbe cité par Frédéric MISTRAL dans "Le Trésor du Félibrige".
C’est en effet dans le dictionnaire Provençal-Français, que "Sederoun", qui y figure, renvoie au mot "Trepoun" où se trouve le proverbe cité sur la couverture de notre bulletin.
On peut en effet y lire :
PROV.

Se se muravo lou trepoun
Farié pas fre dins Sederoun

Par ailleurs vous avez aussi pu lire dans "L’Aliscaire de Sederoun" de BONNEFOYDEBAIS, publié dans notre précédent bulletin, quasiment le même proverbe :

Se se muravo l’essaioun
Farié pas fre dins Sederoun

Le mot "essaioun" correspond à la réalité du terrain puisque l’Essaillon est l’entrée nord de Séderon, entre la Tour et le Crapon, par où s’engouffre le vent.
La troublante similitude entre ces deux versions qui ne diffèrent que d’un mot soulève la question des rapports entre Frédéric MISTRAL et Alfred BONNEFOY-DEBAIS.

MISTRAL connaissait Séderon, car dans son recueil de poésies provençales "Lis iscle d’or – Les îles d’or), publié en 1875, on peut lire [1] dans LANGUITUDO (ENNUI) :

Au loin s’en est allée ma douce amie, - et moi, désespéré, - je me désole,
Qui me dira où est ma douce amie, - moi, je lui ferai fêtes – et largesses.
Serait-elle plus loin, ma douce amie, - plus loin que Séderon – et Sisteron ;
Serait-elle plus loin, ma douce amie, - plus loin que Miramas – et Saint-Chamas ;
Vite je partirais, ma douce amie, - avec mon bon cheval, - au grand galop.

Par ailleurs MISTRAL avait publié Alfred BONNEFOY-DEBAIS dans "L’Aïoli", journal qu’il avait créé avec l’argent (10 000 francs) du prix accordé par l’Institut [2] pour son dictionnaire. Et l’article de BONNEFOY-DEBAIS provient justement de l’Aïoli !
Or le dictionnaire de MISTRAL, fruit de 20 années de travail, a été publié par fascicules de 1879 à 1886 et l’article de BONNEFOY-DEBAÏS est paru en septembre 1891 !

Mais depuis quand Frédéric MISTRAL et Alfred BONNEFOY-DEBAÏS se connaissaient-ils et où s’étaient-ils connus ?
En espérant bientôt une réponse à cette question, nous rendons à notre félibre local la place qui lui est due sur la couverture de notre bulletin !
Par contre, pour des raisons liées à la demande de l’ISSN il y a 22 ans, nous avons conservé le nom de TREPOUN qui n’est donc pas remplacé, par ESSAIOUN.

Henri Barras

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