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L’Essaillon
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Lou Trepoun 41
Restauration de l’Eglise de Séderon Le retable, sa toile et son encadrement Les fresques du chemin de croix
Article mis en ligne le 17 octobre 2013
dernière modification le 13 décembre 2014

par BARRAS Anne-Marie

Parallèlement aux travaux de maçonnerie, suivis par Hélène RISPAL Conseillère municipale, la mairie de Séderon a officiellement chargé notre association du suivi de la restauration du retable de l’Eglise en collaboration avec Mme POMMARET conservateur des AOA (Antiquités et Objets d’Art) de la Drôme.

Ce retable en bois doré et sculpté abritant la statue de Saint Baudile. entoure une peinture de la crucifixion.

Depuis longtemps nous nous intéressions à ce retable, avions pris des photos, cherché des ressemblances avec d’autres tableaux et retables.

M. VARLET, archiviste du BUIS et correspondant des "Monuments anciens de la Drôme" nous en parlait depuis de nombreuses années. Mais la décision de sa restauration ne pouvait pas venir de l’association.

En janvier 2003 nous avions préparé pour la municipalité le dossier "culturel" de cette restauration, comme M. VARLET le leur avait demandé avant son décès.

Lorsqu’il a été question de la restauration de l’église il a été évident que celle du retable pouvait être envisagée puisqu’il fallait le démonter.

Ces projets se sont concrétisés en 2005.

En novembre un restaurateur agréé, M. Thierry MARTEL de GOULT, est venu l’examiner en même temps que M. Jean-Yves GINEL de BALLONS, restaurateur agrée pour les boiseries. J’étais présente lors de ces expertises devant conduire à des devis.

M. MARTEL a été favorablement impressionné par l’ensemble. La maîtrise des traits marque au moins l’atelier d’un maître m’a-t-il dit. Il situe la peinture vers la fin de la seconde moitié du 17ème siècle. M. VARLET la situait aussi à peu près à la même époque et de l’école d’AVIGNON, ville qui a toujours été un grand centre artistique. D’abord à cause de la présence des papes qui attiraient tous les grands artistes de l’époque. Plus tard les Légats entretenaient des relations suivies avec ROME, terre des Arts.

Les travaux de maçonnerie et d’installation du chauffage devant débuter il fallait retirer le retable.

M. GINEL est venu le démonter le 5 décembre 2005 et nous étions aussi présents pour y assister et surtout prendre des photos des détails de la toile et de la boiserie que l’on n’avait jamais vus lorsque le retable était accroché au dessus du Maître-Autel

M. GINEL a mis la toile en caisse et l’a conservée dans son atelier en attendant son départ pour la restauration. Ce qui fut fait en août 2005 après que la mairie ait accepté le devis de M. MARTEL.

Reste pour la municipalité à choisir un restaurateur pour la boiserie qui date évidemment de la même époque que le tableau (fin 17ème à peu près).

Un sondage avait été effectué en 1983 par un atelier d’Avignon ce qui avait permis de retrouver des vestiges de la polychromie ancienne, faux marbre et dorure à la feuille sous la peinture actuelle (au moins deux couches) et la peinture "faux or" très épaisse et même grumeleuse sur le visage des anges, qui cache la finesse de la sculpture sur bois.

Cela nous a conforté dans l’idée qu’il s’agissait d’un retable de qualité qui avait été commandé à Séderon pour l’église qui avait été ruinée pendant les guerres de religion. Mais comment a-t-il été protégé pendant la révolution ?

Nous avons repensé à l’ancien retable de l’église de Séderon qui avait été commandé en 1493, par le curé de Séderon, au peintre d’Avignon, Jean CHANGENET, un maître de l’époque.

Ce retable en bois de noyer et peint "d’or" avait une dimension similaire à la "crucifixion". Nous avons copie de la commande et preuve d’achat (voir notre bulletin n°21).

Mais pour le retable actuel, nous n’avons rien de certain et en sommes réduits aux hypothèses quant à son origine. Celles-ci sont nombreuses et pour l’instant nous n’avons rien de précis qui permette d’en privilégier une. Mais nous continuons à chercher parmi les peintres et artisans sculpteur de cette période qui ont travaillé à Avignon et alentour, jusqu’à GAP, puisque Séderon dépendait de ce diocèse.

Dans tous les cas la restauration des boiseries nécessitera la consolidation du bois dans ses parties vermoulues et surtout un important travail pour retrouver la peinture et la dorure d’origine. Des devis vont être demandés mais il faudra certainement des subventions pour pouvoir en financer le coût. Nous monterons les dossiers pour cela.

Il y a aussi les fresques qui doivent être protégées pendant les travaux intérieurs. Elles datent de 1943 et sont rares. Elles ont été effectuées par André SEURRE, peintre verrier originaire de Besançon où il s’est installé après la guerre de 39-45.

Nous avons retrouvé sa famille à MONTBRUN ou est retirée sa belle-fille que nous sommes allés voir. Elle nous a donné des détails sur son beau-père. Nous en reparlerons dans un prochain bulletin.

© Essaillon
Détail du tableau : tête du soldat
Les nombreuses craquelures témoignent de l’âge de cette toile.
© Essaillon
Une des deux têtes d’ange située au sommet du retable
L’épaisse peinture "faux or" devra être retirée.
© Essaillon

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